Université d'Orléans
ÉCOLE SUPÉRIEURE DE L'ÉNERGIE ET DES MATÉRIAUX
CONCOURS 1993
Option : Spéciales P
PHYSIQUE
DURÉE : 4 heures - COEFFICIENT : 4
Note aux candidats.
Les candidats sont priés de respecter les notations figurant dans l’énoncé du problème et d'apporter le plus grand soin à la rédaction et à la présentation des résultats.
DISPOSITIFS THERMOMETRIQUES UTILISANT DES RESISTANCES
Le problème décrit différents dispositifs de mesure de température utilisant les variations de résistances de résistors métalliques ou semi-conducteurs.
I.
Etude des lois R(T).
1.1. Un résistor métallique constitué d'un fil de platine a une résistance variant suivant la loi R(t) = R (0) (1 + A
t + B t
2) où t représente la température en degrés Celsius (t = T - 273 K).
a. Calculer le coefficient de température
α=1RdRdt=1RdRdT
b
. On a mesuré à 0
0C R (0) = 100,00 Ω α(0) = 3,908.10
-3 K
- 1,
à 100
0C R (100) = 138,50 Ω α(100) = 2,73787.10
-3 K
- 1.
Calculer les coefficients A et B. Préciser les unités.
Calculer R (25) pour t = 25
0'C, ainsi que α (25).
c. Le coefficient de dilatation linéaire du métal est
λ=1ℓdℓdT = 10
-3 K
-1 . Comparer les variations de résistance avec la température dues à la variation de la résistivité ρ d'une part, aux variations de dimensions d'autre part. Conclusions.
1.2. Une thermistance (résistor semi-conducteur) a, au voisinage de T - T
0 = 298 K, une résistance variant avec T suivant la loi
R(T)=R0exp(BT−BT0) où T représente la température absolue du résistor
a. Exprimer le coefficient
α=1RdRdT.
Pourquoi peut-on parler de résistance à coefficient de température négatif ?
b. Calculer B sachant que α (298 K) = - 4,135.10
-2 K
-1.
c. Pour un intervalle de température plus important, la loi doit être affinée selon la relation :
R(T)=R0(TT0)−bexp(βT−βT0)
- Établir la relation entre β, T,
b et B.
- Pour t
= - 80
0C on trouve B = 3294 K ;
t = 150
0C on trouve B = 4122 K.
Calculer b et β.
Calculer R pour t = 0
0C et t = 100
0C sachant que R
0 = 12000 Ω.
d. Quel avantage peut présenter une thermistance par rapport à une résistance métallique en thermométrie ? Quel risque encourt une thermistance traversée par un courant trop important ?
Il.
Étude de montages thermométriques.
On mesure un signal électrique, en général une tension, qui traduit les variations des résistances avec la température. Un montage, alimenté par une source de courant ou de tension. comprend la résistance à mesurer associée à d'autres résistances. Le circuit de mesure ainsi constitué est appelé conditionneur du thermomètre. Nous nous proposons d'étudier trois montages de conditionneur et de mettre en évidence, à travers les caractéristiques de chacun, leurs avantages et inconvénients.
11.1 Montage potentiométrique simple.
Celui-ci est représenté sur la figure 1. Le générateur est représenté par son modèle de Thévenin (e
s,R
s) et le voltmètre de résistance interne R
d mesure la d.d.p. v
1 aux bornes de la résistance thermométrique R (T).
a. Exprimer v
1 en fonction de R
1, R (T), R
d, R
s et es,.
Comment doit-on choisir R
d pour que la tension v
1 ne dépende pas trop du voltmètre utilisé ? On suppose cette condition désormais réalisée.
À T = T
0, la résistance thermométrique R a pour valeur R
0, et la tension de mesure la valeur v
1. Ces conditions définissent un point moyen de fonctionnement. Lorsque R varie de ΔR, v
1 varie de Δ v
1. Exprimer Δ
v1 en fonction de ΔR, Ro, R
1, R
1 et
e. en se limitant au cas où ΔR << R
0.
On définit la sensibilité du conditionneur par
S=Δv1ΔR.
Pour quelle valeur de R
1, cette sensibilité est-elle maximale autour de T = T
0 ? Calculer cette sensibilité maximale.
Application numérique
Sachant que e
s = 10,0 V, R0 = 109,8 Ω, Rs = 20 Ω, que le voltmètre peut déceler une variation |Δv
1| de 0,01 volt, calculer la valeur de R
1 qui donne la sensibilité maximale et la valeur ΔR que l'on peut déceler.
e. Le générateur a une fem qui fluctue entre e,
- ô e et e, + ô e. Calculer Δv
1, en tenant compte des variations ΔR de R et des fluctuations δ
e de e
s. Dans le cas où le conditionneur a sa sensibilité maximale, comparer l'influence de ΔR et
ô e. Que pensez-vous du niveau tolérable de fluctuations de la source dans ce dispositif ?
II.2. Pont de Wheatstone.
Le voltmètre V de résistance interne R
d » R
1, R(T), R
3, R
4 mesure la d.d.p. v
2 = v
A - v
B = R
di.
La résistance interne R
s de la source est négligeable (figure 2).
a.. On considère le dipôle actif A'B' entre les bornes duquel on branche le voltmètre V. Pour calculer i, on pourra chercher le générateur de Thévenin équivalent à ce dipôle.
- Quelle est la f.é.m.. E de ce générateur de Thévenin ?
- Quelle est sa résistance interne r
?
En déduire l'expression de i et de v
2 en fonction de
es,, R
1, R, R
3, R
4, et R
d. On rappelle que R
d est très supérieur à toutes les résistances du circuit.
b. L'équilibre du pont (v
2 = 0) est réalisé pour R = R
0, T = T
0.
Quelle relation lie alors R
1, R
3, R
4, et Ro ?
c. Calculer v
2 lorsque R = R
0 +ΔR. Exprimer ce résultat uniquement en fonction de ΔR, R
0 et R
1.
d. On suppose ΔR << R
0. Pour quelle valeur de R
1 la sensibilité
S=v2ΔR est-elle maximale ? Calculer celle-ci. Comparer ce résultat à celui obtenu à la question Il. 1.
e. La sensibilité maximale étant obtenue, on tient maintenant compte des fluctuations δe de
s (|δe| << e
s). Comparer l’influence respective de ΔR et de δe sur v
2. Conclusions ?
f. On suppose maintenant que R
1 = R
0 = R
3 et que R
4 réalise la condition d'équilibre du pont. En revanche ΔR n'est plus petit devant R
0 (cas d'une thermistance par exemple).
Représenter graphiquement
v2es lorsque
ΔRR0varie de - 1 à + 1,5. Conclusions ?
II.3.
Montage à amplificateurs opérationnels
On réalise le montage de la figure 3 dans lequel les trois amplificateurs opérationnels sont idéaux et
fonctionnent en régime linéaire.
a. Quel est le rôle des montages partiels où sont inclus les amplificateurs opérationnels 2 et 3 ? Préciser les valeurs de v
0, v
C , v
D en fonction de v
3 et e
s.
b. On suppose R
0 = R
1 = R
3 et que la condition du II.2..f est encore réalisée. On mesure la tension v
3
à la sortie de l'amplificateur opérationnel 1.
Calculer v
3 en fonction de R
f, R
0, R
6, R
5, e
set ΔR = R - R
0.
c. R
6 et R
5 étant fixés, comment faut-il choisir R
1 pour que v
3 soit proportionnel à ΔR Déterminer alors la sensibilité
s=v3ΔR du conditionneur.
Application numérique : R
5 = 10R
6, R
0 = 109,80 Ω, e
s = 10,0 V. Calculer R
1 et la sensibilité S.
d. Les fluctuations de e
s sont-elles encore gênantes ?
III.
Linéarisation du signal en fonction de la température.
III.1. Dans le cas du montage à amplificateurs opérationnels la résistance R(t) est associée en parallèle avec une résistance de linéarisation R, de manière à réaliser un dipôle de résistance R' (t) prenant pour T
0 la valeur R’
0. Les autres résistances du pont sont ajustées en tenant compte de R’
0, et la valeur de R
1 est choisie pour réaliser les conditions établies à la question II.3. c.
Donner en fonction de R'(t), R’
0, R
5, R
6 et e
s, la valeur de v
3.
On veut qu'au voisinage de T = T
0i v
3 soit une fonction affine de T, c'est-à-dire que
d2v3dT2 soit nul pour T = T
0. Montrer que R satisfait alors l’équation
R0+Rℓ=2(dRdT)20(d2RdT2)0, l’indice « 0 » signifiant que les dérivées sont évaluées à T = T
0.
Cas d'une résistance métallique.
On considère une résistance nickel dont les coefficients caractéristiques sont A = 5,50.10
-3 °C
-1,
B = 6,70.10
-6 °C
-1 fonctionnant au voisinage de t
0 = 25 °C, R
0 = R(25) = 50 Ω.
- Calculer les valeurs de la résistance R à associer à R., de R’
0et de
dv3dT.
- Est-il possible de linéariser de cette manière le signal de mesure en fonction de la température dans le cas de la résistance platine étudiée en I.1. fonctionnant au voisinage de t
0 = 25
0C ?
d.. Cas d'une thermistance.
On considère la thermistance du 1.2. fonctionnant au voisinage de T
0 = 298 K. Calculer la valeur de R à associer à R
0 = 12 000 Ω et en déduire la valeur de R’
0 et de
dv3dt si e
s = 10,0 V.
III.2.On envisage maintenant le montage potentiométrique étudié à la question II.1. pour lequel la condition sur R
d est réalisée. On veut réaliser la condition
d2v1dt2=0 au voisinage de t
0.
Montrer qu’il faut choisir R
1 de telle sorte que R
1 + R
s, ait la valeur R déterminée à la question précédente Ill.1.b.
Le choix de R
1 étant celui déterminé en a., calculer
dv1dt pour la résistance en nickel et la thermistance au voisinage de t
0 = 25
0C si e
s = 10,0 V.